Mon récit d'aventures sur le Chemin de Stevenson - Rando GR70 (suite et fin)

Dans la première partie de mon récit, je vous ai partagé mon itinéraire ainsi qu'une moitié de mon quotidien de marche ! Voici la suite de mon journal de bord avec une nouvelle série de photos, quelques conseils pratiques si vous souhaitiez vivre ce genre d'aventures et une prise de recul sur les bénéfices que je retire de cette belle expérience.

Les Tribulations de Tristan
10 min ⋅ 26/06/2024

👉 Au programme de ce 26 juin 2024 :
-Itinéraire personnel
-Journal de bord (suite) 🖌
-Apprentissages ✔️

Deux semaines déjà j’ai écrit la première partie de cet article et bientôt quatre semaines pour mon départ sur les traces de Stevenson ! Le temps passe vite ou bien ce n’est qu’une impression ? Posé à la terrasse d’un café à Vincennes - où le prix du café est presque aussi cher qu’un sandwich jambon-beurre à St Martin de Fugères - j’ai quand même quelques avantages : soleil réfléchissant sur ma table, prise secteur à proximité et une allée piétonne pour laisser mon esprit divaguer et suivre le rythme des passants. J’aurais pu mettre une photo mais ça aurait dénaturé ce que votre propre imagination vous propose… Parlons peu, parlons bien : place à la seconde partie (suite et fin) de mes aventures sur le Chemin de Stevenson !

Cette semaine, découvrez la suite de mon journal de bord bien fourni en anecdotes avec une nouvelle série de photos. Puis, pour les aventuriers (et les autres), quelques conseils pratiques si vous souhaitez vivre ce genre d’expérience et une prise de recul sur ce que je retire de cette expérience dans la lenteur et le calme.

Journal de bord (suite) 🖌

Jour 4 : -“Allo Joseph, ça va ?”
-“Oui et toi
-“Oui, est-ce qu’il y aurait un distributeur dans le village ?”
Voilà l’heure du départ pour ce quatrième jour en direction du centre de Langogne pour retirer de l’argent avant les prochaines journées, qui seront faites de petits villages et de hameaux où les gîtes et épiceries se feront rares. Après avoir retiré et acheté quelques victuailles bien française (saucisson sec et bleu d’Auvergne) départ pour… on verra. Les kilomètres défilent et à un moment je me rends compte que je suis plus sur le bon tracé. Moi c’est chemin de Stevenson et celui sur lequel je suis c’est le Chemin de Regordane. J’ai suivi le couple un peu plus loin devant moi et en fait ça m’a perdu. Erreur de débutant ! Heureusement, je peux récupérer au prochain village et ce prochain village, c’est Luc. Ce n’est ni le fils de Dark Vador, ni le cul en verlan (à l’envers) mais bien un coin de Lozère de… 200 habitants. Par contre, ils ont un joli château !

Et avant d’arriver à ce château, j’ai rencontré un jeune bluffant. Ce jeune, il s’appelle Brieuc il a 24 ans et il est parti en février de Bayonne pour arriver quelques mois plus tard à Strasbourg. À l’heure où j’écris ces lignes, il a sûrement dépassé les 2500 km de marche et il lui en reste pas moins de 1000. Tout ça en autonomie; zéro chemin, zéro itinéraire, il suit son instinct et construit son propre chemin. Inspirant, n’est-ce pas ? Peu de temps après la fin de ses études en biologie végétale, il décide de partir pour se (re)découvrir. Chaque personne part avec une optique différente, on y trouve tous quelque chose de semblable mais d’inexplicable. Avant qu’on se dise au revoir, je lui pose cette question : “c’est quoi qui t’a fait le plus peur pour l’instant ?” “Le troisième jour après mon départ, lorsque j’étais installé dans ma tente, un sanglier semblait tout proche et foncer tout droit sur moi. Comme pour me faire peur. Je savais pas trop quoi faire alors à un moment, pris de panique, je suis sorti avec un couteau à la main en hurlant Ahhhhhhhh et par chance, il a fui. J’ai compris après-coup qu’il fallait pas se mettre à moins de 200 mètres d’un point d’eau…

Même après cette dernière histoire, c’est comme si on avait pas envie de se quitter. Ça me l’a déjà fait plusieurs fois, notamment avec Patrick au Monastier et c’est marrant comme à chaque fois c’est comme si on avait plein de choses à se raconter.

J’arrive donc au château de Luc et sur qui je retombe ? Les deux marcheurs, Jérémie et Cyril rencontrés l’avant-veille à l’exposition photos Polaroïd. Eux ensuite, ils continuent pour aller se trouver un endroit pour faire du bivouac, moi je vois un gîte sur le côté mais est-ce que j’ai envie de m’arrêter après 18 petits kilomètres au compteur ? Non… J’appelle alors un autre gîte au village suivant malheureusement il est plein. J’en appelle un second, celui-ci appelé la Colonie de l’Espoir. Un signe ? Ils ont 30 lits en dortoir et j’ai de la chance, il y en aura un pour moi. Et qui je recroise avant d’y arriver ? Jérémie et Cyril. Ils étaient allés se mettre une petite bière à la colonie où j’ai trouvé une place.

À croire d’ailleurs que c’est LE fief puisqu’en y arrivant je retrouve les 3 marcheurs fous avec qui la veille j’avais fait quelques bornes. Mais peu car avec une moyenne de 35 km par jour, leur rythme n’était pas le même que le mien. L’ambiance est si bonne dans cette colonie, j’ai l’impression qu’on est des gamins, tous heureux d’être ensemble et d’attendre le repas du soir à 19h. Douche suivi du repas au réfectoire - soupe et saucisses lentilles - sur des grandes tables, un peu comme à l’époque du collège au self et 2-3 blagues dans le dortoir des copains avant d’aller pioncer. Je mettrai un peu de temps à m’endormir avec la débrouissalleuse qui dort déjà mais j’y arriverai Zzz. Très bonne fatigue, j’ai la pêche même pour allé dormir. Mon corps s’habitude au rythme de la marche et mon esprit s’en frotte les mains. Je crois même qu’il me remercie…

Jour 5 : 6h30 le réveil sonne, non en fait il sonne pas car j’étais réveillé avant. Dans ma piaule, certains se sont levé un peu avant 6h, l’ami Gérard en l’occurrence rencontré la veille en forêt au détour d’un casse-croûte partagé. Même dans un dortoir sans chauffage on dort bien, en même temps c’est recommandé pas plus de 18° dans une chambre, non ? Bon là c’était plus proche des 15 que des 18… Allez direction la douche, je suis en pleine forme pour ce cinquième jourrrrrr. Petit-déj’ des familles toujours dans le réfectoire de la colo et franchement ça fait plaisir ! C’est vraiment l’ambiance colonie, où je suis rarement allé quand j’étais enfant d’ailleurs. Mais je me suis rattrapé un peu plus tard en faisant une saison au ClubMed des Deux Alpes à 20 ans.

Je mange mes tartines face à un monsieur à la retraite avec une carrière du genre : garde forestier, agent de maintenance et par la suite ingénieur électronique. Autodidacte dans pas mal de métiers qu’il a pu faire mais aussi formé directement sur le terrain, il s’intéresse désormais aux travaux du psychologue Daniel Goldman sur l’intelligence émotionnelle. Il creuse entre autre le sujet HPI (haut potentiel intellectuel) et HPE (haut potentiel émotionnel) et écrit - en parallèle de ses recherches - un livre sur le lien entre la cosmologie religieuse et la cosmologie quantique. Comme quoi, on peut en découvrir des choses autour d’une tartine de pain confiture framboise-fraise, pas vrai ?

Le départ matinal approche… L’heure des au revoir aux personnes rencontrées mais pas à celles parties (marcher) trop tôt. À mon tour de tout ranger et d’aller régler. Eliane, la dame qui gère le fonctionnement de la colonie avec qui j’ai sympathisé me dit “Tiens tu pourras appeler les bureaux de Nîmes et tu leur dis si tu es intéressé pour être animateur au moins, tu pourrais revenir cet été et encadrer un séjour nature qu’on organise pour les ados !” Chiche ? Je vais encore détourner le(s) chemin(s) de ma jeune carrière si je continue…

Mais au fait, ça veut dire quoi à notre époque le mot “carrière” ? Personnellement, ce mot me fait plus penser à l’endroit où sont posés différents tas de pierres qu’à une représentation professionnelle des expériences d’un individu. À la fin de ma vie je pourrais représenter ma carrière par toutes les expériences professionnelles que j’aurais pu vivre et ce sera ça mon bilan de fin de carrière. Satisfaisantes ? Oui, si je continue à me laisser guider par mes envies et pas par des contraintes extérieures.

Bref, ce matin j’avoue que je suis en forme mentalement mais fatigué physiquement. Enfin, j’ai un peu la flemme. Alors, je marche assez peu puis m’arrête dans un village prendre un café et écrire mes aventures de la veille. Je commence à accumuler du retard, peut-être que je suis davantage dans l’expérience vécue que dans le récit écrit ? Une heure passe, je croise Dominique - avec qui j’étais aussi hier soir à la Colonie - qui lui le fait avec un compagnon de route du nom de Llago, ou Yago, je sais pas, un bel âne avec qui, depuis le début, Dominique semble créer une complicité. Il est dit que la vitesse avec l’âne tombe à 2,5 km/h contre 4 km/h pour un randonneur lambda. Franchement, je suis admiratif. La marche prend le rythme de l’âne et l’âne permet à l’humain de prendre son temps. Prendre son temps, aujourd’hui, qui sait véritablement comment faire ?

C’est drôle, hier soir j’ai mangé avec Dominique, le monsieur avec qui j’ai déjeuné ce matin et deux potes faisant ensemble le Chemin; venus se poser à l’instant même à la table proche de moi juste après que Dominique soit passé avec son compère. Même si on emprunte tous un peu le même chemin, le hasard est bien fait, vous ne trouvez pas ? L’un des deux potes s’appelle Eric et commence à brièvement entamer la discussion. Après qu’il m’ai vu écrire, il me dit, “Tu pourras écrire dans ton journal de bord qu’à côté de toi il y a eu Eric l’emmerdeur !" C’est son pote Pierre qui lui fît remarquer que j’étais concentré à écrire. En vérité, j’écris cette anecdote mais ils étaient tous les deux très sympas et il y a de fortes chances que je puisse les recroiser… Et ce qu’il y a d’autant plus étonnant c’est qu’à ce même café, j’ai également partagé un moment avec Stéphane juste après qu’il fasse ses achats et qu’il reparte en autonomie sur le chemin.

L’heure tourne, je me remets doucement en piste pour les 12 km (dont un tiers en montée) jusqu’au prochain point d’étape. Après une bonne heure à avancer, avec le soleil et un calme paisible à souhait, voilà que j’aperçois Stéphane au loin. On partage un bout de chemin ensemble, près de 3h, durant lesquelles ils me racontent son trip improbable en vanne avec 6 personnes à l’arrière, son voyage à vélo jusqu’en Roumanie à Bretea où le festival Rainbow Gathering auquel il sera rendra la semaine prochaine… Après-midi assez dingue avec des discussions comme si on se connaissait depuis longtemps. Voilà qu’arrive une randonneuse en face, suivie de près par son amie Elisabeth. Après quelques échanges, Aline (à droite) me dit qu’elle a déjà travaillé au Festival de Dieulefit - proche de chez moi à Montélimar - la Bizz’art Nomade. Et pour la petite anecdote, je leur file le numéro de Patrick (l’hôte m’ayant accueilli le premier soir), elles ont pu le rencontrer quelques jours après en arrivant au Monastier et même partagé une bière bien fraîche tous les trois ! Chouette, non ?

ℹ️ À partir de là, vous verrez que mon journal de bord a progressivement diminué…

Jour 6 : départ d’un camping proche du village de Chasseradès où j’ai dormi. D’ailleurs, encore une rencontre improbable hier soir pendant le dîner, une dame entend que ma chaussure de droite est en phase finale et me propose un système D : du scotch gris très costaud. Quelle chance !! En plus, elle s’appelle Muriel, comme ma maman… Un signe du destin ? 😊

Il est 8h, je suis avec mon ami Gérard - ou plutôt camarade comme nous nous disions - instructeur randonnée expérimenté (spécialiste pour s’orienter en forêt, comme moi… non je blague), passionné de nature, aux côtés de qui je pris plaisir à apprendre de la vie. Petite photo-selfie, sait-on jamais si on ne se revoyait plus ensuite.

J’avance ensuite en solo puis fait un rapide bout de chemin avec un monsieur d’une soixantaine d’années. Ce monsieur, il s’appelle Serge et il a l’air d’avoir de la sagesse comme mon oncle (qui s’appelle Serge aussi et que j’ai eu la veille au soir au téléphone devant ce coucher de soleil). Alors que sa femme est pas loin derrière, il me dit : « Tu sais, j’ai pas envie de faire le vieux qui donne des conseils aux jeunes mais, si t’as envie de faire quelque chose, fais-le. Moi je pourrais faire une liste de deux pages à mon âge, de toutes les choses que j’aurais dû faire… ».

Un peu plus tard dans la matinée, alors que je suis seul sur le chemin, voilà que je retombe sur Stéphane ! Il est sur le point de se préparer un repas dans un magnifique coin de nature au bord d’un point d’eau. Il me propose de le partager avec lui. Et nous voilà repartis, en direction de la prochaine étape : le Bleymard. Arrivés dans ce village, il est à peine 15h30. Stéphane lui, a prévu de continuer et moi ça me tente pas plus que ça de trouver un gîte dans ce coin. Finalement, après une pause sucrée, je suis remotivé… Grâce à Stéphane ! C’est parti pour atteindre le Mont-Lozère sur 4 km avec 400m+. On se marre bien, ça passe encore plus vite. 1h15 plus tard, nous voilà en haut avec une superbe vue. Fierté d’y être monté ce soir et en plus, avec mon poto Stéphane.

Après avoir trouvé un gîte pour ce soir et rencontré - ou retrouvés - à peu près tous les randonneurs du coin dont les deux amis Éric et Pierre ainsi que ce très sympathique couple que j’avais croisé plusieurs fois, il est temps pour Mike Horn de partir… Il montera jusqu’au col de Finiels, le dépassera et installera son campement derrière pour se couper du vent. Moi, avec 28 km dans les pattes, j’arrête là. Vais-je le recroiser demain ? L’avenir me le dira vite. (Eh non, Mike ne dort pas. Car Mike ne dort jamais. Moi ? Non, je ne suis pas rouge 🌞).

Jour 7 : départ en solitaire du Mont-Lozère à 8h30 pour atteindre le col de Finiels à 9h30 - heure de décès de ma chaussure gauche. Heureusement, hier soir j’ai eu la chance de manger avec Caroline et Virginie en vacances dans le coin et Virginie m’a donné un élastique (elle avait vu l’état critique de ma pompe). Elle a énormément pratiqué la randonnée en haute-montagne étant petite, elle a donc dû repérer que moi, je débutais…

Après avoir atteint le haut du col à 1699m (pour être précis), destination finale vers le Pont-de-Montvert où sur le trajet je rencontre André. L’orage s’abat proche de ma position heureusement, 13h30 j’arrive au Pont et qui je croise ? STÉPHAAAAANE ! À 15h place aux retrouvailles avec pas mal de camarades rencontrés sur le chemin. Douche au gîte communal, restaurant avec les copains puis dernier dodo dans un dortoir à 10 lits…

Jour 8 : 5h45 départ du gîte, 6h30 petit-déjeuner avec la clic puis ceux routes différentes : André et moi terminons aujourd’hui et les autres continuent direction Florac pour continuer et terminer le GR70 du Chemin de Stevenson.

7h30 on démarre le stop avec André, 72 ans et en pleine forme. 8h on a la chance d’être pris par une voiture pour aller jusqu’à Florac à 30 km (le conducteur connaît bien la route et les virages, moi je suis à deux doigts de 🤢). Arrivés là-bas, on prend à 9h30 le (seul) bus qui nous amène dans la ville d’Alès. 11h45, André et moi on se sépare, j’ai RDV très bientôt pour un covoiturage jusque dans la Drôme ! 13h pétante, je retrouve la conductrice pour rouler en direction de Allan… 14h45 : fin d’aventure sur les traces de Stevenson 🏁✌️🔥

➡️ Les vidéos de ces deux articles seront bientôt disponibles sur la chaîne Youtube

En attendant, vous pouvez déjà vous abonner à la chaîne Youtube et visionner le Short (courte vidéo) publié hier soir. Reconnaîtrez-vous certain(e)s passages/personnes de l’article ? 😉

Apprentissages ✔️

Il y aurait beaucoup de choses à partager mais voici 10 conseils qui pourraient vous êtes utiles si vous envisagiez de partir vivre une aventure de ce genre.

10 conseils pratiques 🤓

  1. S’informer auprès des locaux sur les lieux, les distances et poser des questions pour créer du lien.

  2. Laisser les choses se faire et anticiper le moins possible pour vivre le(s) moment(s) différemment.

  3. Commencer tranquille les premiers jours pour laisser le temps au corps de s’adapter à l’effort physique.

  4. Prévoir peu de tenues de rechanges pour pas trop se charger car au pire, vous pourrez les laver.

  5. Prévoir de l’espèce pour régler les gîtes ou les commerçants dans les villages (ou par chèque).

  6. Prévoir des fruits secs, bananes et barres de céréales pour les fringales et/ou la baisse d’énergie.

  7. Prévoir un élastique à chaussure ou du gros scotch gris (vidéo à venir, pour vous montrer l’utilité…).

  8. Un protège-sac à dos imperméable complémentaire a une bonne veste me paraît mieux qu’une cape.

  9. Prévoir une serviette (qui sèche vite), un shampoing solide et des tongs pour après la douche.

  10. Se masser les jambes et les pieds le soir pour la récupération (baume du tigre, arnica, etc) 🤓

Prise de recul 👁

J’ai enregistré ça hier avec l’app enregistreur de voix de mon iPhone 8 et vous le partage (presque) brut ici. En espérant que ce sera compréhensible pour vous à l’écrit… 🤖 😂

“Au début c’était en mode podcast et en fait je me suis dit que ça pouvait être intéressant de le mettre à l’écrit donc là je suis clairement en vélo en train de rentrer de ma (dernière) journée de cours de l’année dans le 14. Je reviens de ma journée de cours avec 25 km aller/retour, il fait chaud et la vie pour certaines personnes que je croise dans la rue n’a pas l’air facile.

Je trouve intéressant l’idée de partager ça avec vous à l’écrit et pendant que je pédale je me disais que j’avais vraiment bien fait de faire cette marche sur le chemin de Stevenson parce que ça m’a apporté plein de bonnes choses. Je m’en rends compte en vélo que cette cette agitation, cet hyper-centre avec toutes ces voitures ça me correspond de moins en moins donc c’est satisfaisant d’avoir pu expérimenter cette marche pour se rappeler que y’a pas que la vie qu’on mène dans le présentm mais qu’on peut aussi se (re)découvrir différemment. Notamment en étant dans la lenteur, dans la redécouverte des sensations du corps, de l’esprit et c’est agréable de se dire qu’il y’a d’autres voies possibles et que ces voies, il faut les expérimenter.

Je suis très satisfait d’avoir pu faire cette expérience de marche avant l’été, je me sens mieux mentalement et je me dis que j’ai beaucoup de chance d’avoir pu le faire à ce moment-là et j’ai aussi beaucoup de chance de pouvoir mener la vie que je mène. À savoir, travailler pour une cause qui a du sens. Former les jeunes à trouver leur voie, à la fois professionnel mais aussi personnel. Pouvoir travailler à des moments et pour des structures qui me paraissent être en phase avec mes convictions, ça peut ne pas être toujours le cas dans le privé mais ce qui est sûr c’est qu’à la fin ce sont les jeunes que ça aide et donc ça répond à une de mes missions de vie. C’est ce qui fait que je vais continuer à creuser ce chemin et notamment ce qui fait sens pour moi pour que ça continue de correspondre à mes attentes.

Ça me permettra d’aller de plus en plus près de ce que j’ai envie d’atteindre; à la fois la liberté disons financière pour subvenir à mes besoins et ensuite vivre un peu plus simplement que ce que je vivais il y a un an pour être moins éloigné de qui je suis vraiment. Aujourd’hui j’ai envie de retrouver certaines sensations, émotions et sentiments que j’avais un peu perdu et c’est en me reconnectant à la nature que j’ai pu redécouvrir ces choses là.”

Je suis fier de l’avoir fait, fier d’avoir vécu cette aventure riche de paysages et de rencontres. Je me sens plus affirmé dans mes décisions, dans ce que je sens être bon pour moi et j’accepte plus facilement que les choses puissent prendre du temps.

J’encourage donc toutes celles et ceux qui, comme moi, ressent(ai)ent une fatigue de l’âme car comme a pu l’écrire David Le Breton dans son livre - Marcher la vie, un art tranquille du bonheur - sur ces bienfaits thérapeutiques “La marche est toujours une remise au monde, une manière de retrouver le sentiment d'être vivant, une manière de reprendre pied dans une vie qui nous échappe.

Prenez soin de vous, et à très vite 🎭

Tristan

Ne juge pas chaque jour à la récolte que tu fais mais aux graines que tu sèmes.
- Robert Louis Stevenson

Pour aller plus loin :
Article dans lequel j’explique pourquoi sur les traces de Stevenson…
Récit d’aventures sur le Chemin de Stevenson - GR70 (première partie)
Vidéo Youtube - Itinéraire intégral Chemin de Stevenson - Rando GR70

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Les Tribulations de Tristan

Par Tristan Mouz

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