« Quelle est la structure qui relie le crabe au homard et l’orchidée à la primevère ? Et qu’est-ce qui les relie, eux quatre, à moi ? Et moi à vous ? » se demandait-il. Étrange question, n'est-ce pas... Partons ensemble à la découverte de cet homme et allons voir de plus près ce qu'il pouvait bien sous-entendre avec cette Ecologie de l'Esprit.
-Contexte et biographie de cet homme 🔍
-La nouvelle ère de l’être relationnel ♻️
-Appropriation & vulgarisation 🎯
Aujourd’hui, pour cette nouvelle édition, j’avais envie de mettre à l’honneur un scientifique, homme de terrain et érudit des sciences humaines et sociales. Cet homme, c’est Gregory Bateson. Je l’ai découvert il y a une dizaine d’années dans la bibliographie de la méthode de musculation (au poids de corps) de l’écrivain et pédagogue du sport Olivier Lafay qui a conçu sa méthode entre autres grâce aux travaux de Bateson. Puis, j’ai commencé à m’intéresser plus en profondeur à la pensée de Bateson en 2019, grâce à la lecture d’un des livres de Dany Gerbinet, psychothérapeute fasciné par les implications philosophiques de ce visionnaire anthropologue. Et ce n’est qu’au début de l’année 2022 que, pour passer de la lecture à l’action, j’ai choisi de suivre plusieurs modules de formation en thérapie systémique stratégique au sein de son Institut de l’Inverse.
Dany propose une approche écologique de la résolution des problèmes relationnels et prolonge le pont avec l’antique philosophie chinoise que Bateson avait commencé à bâtir. C’est ce qui m’a attiré et surtout ce qui a confirmé mon fort intérêt pour cette nouvelle approche. Nous avons donc eu l’occasion de nous rencontrer durant cette année de formation, puis, plus récemment, en Belgique en février dernier. Le premier article de mes Tribulations traite d’ailleurs de notre rencontre. Et parce que Dany m’a permis d’accéder et de comprendre la pensée de cet homme, j’ai envie aujourd’hui de partager à mon tour, avec vous, la beauté de sa pensée…
Pour vous faire découvrir cet homme, je vous propose de découvrir un travail de recherche scientifique que j’ai réalisé fin 2019 lorsque j’étais (à nouveau) étudiant. Diplômé en 2018 d’un premier master en sciences de gestion spécialisé en entrepreneuriat, je travaille ensuite une année à Paris en oscillant entre le marketing, la communication et l’enseignement. Mais je sentais qu’il manquait quelque chose à ces missions purement opérationnelles. Une soif d’apprendre autre chose, de découvrir le monde de la recherche scientifique et de satisfaire ma curiosité apparemment intellectuelle… Identifié comme le seul master universitaire en France traitant d’une approche de la communication entre individus qui me parlait, j’eus la chance d’être accepté à l’Université Paul Valéry de Montpellier et d’intégrer le Master 2 Changement Personnel et Organisationnel.
Ce fut une année enrichissante intellectuellement et humainement, notamment grâce à des rencontres marquantes qui contribuent encore aujourd’hui à entretenir ma curiosité toujours… intellectuelle. Un clin d’œil à Denis Benoît, qui est sans doute l’un des enseignants les plus inspirants que j’ai pu rencontrer et avec qui la complicité continue de croître et de durer dans le temps. Qu’il en soit remercié. On dirait que je fais une page de remerciements pour une thèse, faudrait peut-être que je ralentisse ? 😄
Ce travail de recherche, je l’ai réalisé en 2019 dans la matière Théorie en Sciences de l’Information et de la Communication au premier semestre. Autant vous dire que ça n’a pas été facile, car avant d’intégrer ce master, je n’aimais pas du tout la théorie… Et puis, un peu comme cela peut être le cas dans d’autres domaines, les matières abordées ont fait émerger l’envie de devenir plus théorique. Dans ce travail que nous avons eu à produire, il nous fallait rechercher et sélectionner un sujet au choix parmi l’éventail infini de possibilités liées aux SIC (sciences de l’information et de la communication). Dans son livre Information & Communication, Théories - Pratiques - Éthique, mon ancien Professeur des Universités Denis Benoît a défini le champ interdisciplinaire des SIC sur plusieurs pages. Il serait bien trop long de partager ici ne serait-ce qu’une partie de ces définitions. Cependant, je garde en tête, dans un futur proche, d’y consacrer un article pour y revenir plus en détails.
Comme l’intelligence artificielle puise sa source dans le champ des SIC et qu’elle crée - ou plutôt va chercher sur la toile - de l’information, on va demander à Chatgpt de nous en donner une définition synthétique :
Peux-tu me donner une définition synthétique du champ interdisciplinaire des Sciences de l'information et de la communication, s'il te plaît ?
Et voici sa réponse qui, de mon point de vue, est plutôt satisfaisante 🤓
Les Sciences de l'information et de la communication (SIC) forment un champ interdisciplinaire qui étudie les processus, les systèmes et les effets de la production, de la diffusion, et de la réception de l'information et de la communication. Elles englobent des domaines tels que les médias, les technologies de l'information, la linguistique, la sociologie, la psychologie, et l'informatique. Les SIC se concentrent sur la manière dont les informations sont créées, transmises et interprétées, en tenant compte des contextes culturels, sociaux et technologiques.
Partant de cet ancrage-là, étudier certains des travaux de Gregory Bateson et ses apports dans les sciences en général me paraissait être le meilleur moyen d’obtenir un panorama complet et précis du domaine d’études dans lequel j’allais passer une année. Découvrez ci-dessous une partie de mon travail de recherche produit en novembre 2019 et la manière dont cet esprit libre nous a ouvert la voie pour penser autrement…
ℹ️ J’ai volontairement mis en gras tous les termes importants, et en couleur bleue d’autres plus compliqués. Prenez quelques instants pour en lire la définition, que ce soit en usant de Chatgpt ou de votre plus beau dictionnaire.
“Gregory Bateson est né à Grantchester le 9 mai 1904 en Angleterre au sein d’une famille aisée et intellectuelle. Son père, William Bateson, était un biologiste renommé et convaincu que les tendances scientifiques matérialistes de l’époque limitaient les ponts possibles entre les sciences puisqu’il défend une vision unitaire de l’esprit et de la matière. Gregory Bateson sera fortement influencé par cette vision et l’appliquera dès ses premières recherches après des études à Cambridge en biologie :
J’ai acquis là un sentiment plus ou moins mystique, qui m’a porté à croire qu’il nous faut rechercher le même type de processus dans tous les domaines des phénomènes naturels... (Bateson, 1972)
Après un début de carrière dans la biologie, Gregory Bateson se tourne vers l’anthropologie et souhaite étudier les facteurs pouvant influencer un individu au sein d’une même culture. Il se rendra en Nouvelle-Guinée pour y mener une recherche spécifique et comprendre comment le comportement d’un individu peut être influencé par les liens entre cet individu et les personnes avec lesquelles il est en relation. Les résultats de ses recherches sont probants et l’explication du comportement humain passe ainsi d’une vision intrapsychique à une prise en considération du système relationnel de l’individu. L’unité d’analyse devient l’interaction. Il appellera ce nouveau concept la Schismogénèse et posera les premières pierres d’une nouvelle voie – notamment en psychologie sociale – celle du système interactionnel et des effets sur les relations entre individus. Il terminera sa thèse sur ce sujet en 1930 et publie un ouvrage qu’il nomme Naven, du nom d’une cérémonie chez les Iatmuls au cours de laquelle il mena ses recherches.
En 1932, il rencontre deux anthropologues, dont Margaret Mead qui deviendra par la suite sa femme. Ensemble, ils partent sur l’île de Bali trois ans après pour y étudier « comment les individus incorporent les traits culturels du groupe social dans lequel ils évoluent afin de se signaler comme membres de ce groupe. » (Marc, et al., 2015). Le résultat de ses recherches viendra conforter l’idée qu’on ne peut séparer l’individu du contexte relationnel et culturel dans lequel il évolue pour comprendre sa culture sans en analyser le processus d’apprentissage. Sa femme, Margaret Mead, définira la transmission de la culture du groupe à l’enfant comme le processus d’enculturation. Pour Gregory Bateson, la relation et la communication sont au cœur de ces processus. Il deviendra quelques années après l’un des pionniers de la pensée systémique.
Dix ans plus tard, cette fois-ci sur le continent américain, de nouvelles idées émergent traitant des problèmes de communication et celui de savoir ce qu’est un système organisé. Des scientifiques tels que le mathématicien Norbert Wiener, le physiologiste Walter Cannon et l’ingénieur Julian Bigelow s’impliquent fortement autour des processus appelés circulaires. Cette nouvelle direction de recherche sera appelée Cybernétique et rend compte de la façon dont un objet – mécanique ou vivant – entre en communication avec son environnement matériel ou humain. Cette réflexion interdisciplinaire sur la circularité de l’information va monter en puissance autour de conférences organisées par la Macy Foundation au cours desquelles Bateson, invité dès 1942, va activement y participer.
Ces conférences vont lui apporter de nouvelles pistes de réflexions notamment la théorie des types logiques des mathématiciens Alfred Whitehead et Bertrand Russell fondée sur la cybernétique. Ce que Gregory Bateson retient de cette théorie, c’est que « la confusion entre les différents niveaux peut conduire à des erreurs de traitement de l’information et à des dysfonctionnements dans le raisonnement personnel ou la communication interpersonnelle. » (Marc, et al., 2015). C’est à partir de cette théorie qu’il fera le pont avec les relations humaines et tentera de comprendre l’échec des stratégies de changement et par la suite les délires pathologiques.
À la suite de ses années de recherches en cybernétique et d’enseignements à New York puis Harvard comme professeur invité d’anthropologie, Bateson se sépare de Margaret Mead en 1946, épreuve difficile qui le dirigea vers une psychanalyse avec une thérapeute jungienne. Cette expérience ouvrira à nouveau la voie des possibles pour Gregory Bateson puisqu’il intégrera l’univers psychiatrique à la clinique Langley Porter de San Francisco pour y approfondir les travaux du psychiatre Jurgen Ruesch sur la communication entre un médecin et son patient. Une fois de plus, Bateson créee des ponts entre les disciplines et voit cette orientation de recherche comme un nouveau terrain d’analyse. C’est à cette période que sa théorie de la communication qu’il nomme Double contrainte, ouvrira de nouvelles formes de thérapies où les interactions de l’individu avec ses relations et son contexte font de l’homme psychologique un être « relationnel ».
L’épisode durant lequel il travailla à San Francisco avec Jurgen Ruesh a été pour la suite de sa carrière et jusqu’à aujourd’hui une grande avancée. En effet, c’est après cette expérience en anthropologie médicale qu’il décida en 1952 de créer son propre groupe de recherche grâce à la fondation Rockefeller. C’est en Californie proche de la ville de Palo Alto, qu’il installa son équipe composée de John Weakland, Jay Haley et William Fry. Ils étudient ensemble les travaux sur les paradoxes logiques dans de nombreuses situations (l’humour, la psychothérapie, etc). L’interdisciplinarité est pour Bateson le meilleur moyen de croiser les regards et les angles de recherches. Un nouveau membre fera son entrée : le psychiatre Don D. Jackson qui fondera d’ailleurs en 1959 le Mental Research Institute et deviendra à ce titre un des acteurs les plus importants de l’École de Palo Alto. Ce brillant psychiatre s’intéresse de très près à la schizophrénie alors que Bateson ne considère ce sujet que parmi d’autres, abordés en Théoricien des communications.
À ce moment-là, le groupe de chercheurs penche en faveur de Don D. Jackson sur le sujet porteur qu’est la schizophrénie et Gregory Bateson décida donc de s’éloigner. Pour Jackson, la réflexion doit déboucher sur des applications thérapeutiques alors que Bateson lui, voit cela comme un moyen de théoriser et de modéliser. Les thérapies brèves vont naître au sein du MRI et de nouveaux spécialistes en psychothérapies feront leur apparition, dont le brillant Paul Watzlawick qui décrivait Bateson comme un “homme de renaissance doté d’une immense culture”. Gregory Bateson, père-fondateur de l’Ecole de Palo Alto, se retirera finalement pour continuer à explorer cette « structure qui relie », qui a toujours été au cœur de ses recherches interdisciplinaires. Il terminera ses jours le 04 juillet 1980 au Zen Center de San Francisco.”
“Durant sa carrière en tant que biologiste, anthropologue, cybernéticien et linguiste, Gregory Bateson a publié plusieurs livres dont « Vers une écologie de l’esprit » qui reprend l’ensemble de ses travaux sur trente-cinq années de recherches. Dans cet ouvrage (que je n’ai pas encore lu), Gregory Bateson présente de manière détaillée ce que signifie « être sensible à la structure qui relie ». Pour Bateson il n’est pas possible de se limiter à une vision dualiste dont les scientifiques font preuve à son époque au cours de leurs recherches. Le principe du dualisme qui remonte à l’époque de Descartes en 1700, dissocie le constituant physique du constituant mental, le corps de l’esprit ou encore d’après Carl Gustav Jung - fondateur de la psychologie analytique - le Pleroma (non-vivant) et la creatura (être-vivant). Pour Bateson, cette vision se veut réductrice puisqu’elle exclut les relations entre les choses et ne tient compte que d’éléments isolés.
À l’inverse, relier les éléments, penser les relations et tenir compte du tout et plus seulement d’une des parties paraît être pour lui le meilleur moyen de devenir « sensible à la structure qui relie ». Cette vision systémique ou plus globalement Ecologie de l’Esprit se traduit par l'organisation du réseau de communication qui relie l'homme à son environnement. Grâce à ses travaux et aux ponts qu’il a su créer entre les disciplines, Gregory Bateson semble avoir fait redécouvrir la philosophie chinoise et les notions de Ying-Yang, sensiblement proche de sa vision sur l’interdépendance des éléments :
La main comme "entrelacement des relations qui ont déterminé sa croissance" est plus belle qu’une "composition de parties", car penser les relations est unificateur. La beauté ou la laideur sont peut-être les "vraies composantes du monde" des créatures vivantes. (Souza, 1996).
Gregory Bateson a initié un mouvement fort, mais il n’est pas le seul maillon de la chaîne de ce nouveau paradigme systémique. Un peu avant les années 1945, un mouvement interdisciplinaire appelé les Conférences Macy a rapproché mathématicien, biologiste, neuroscientifique, psychiatre et notre insatiable anthropologue Gregory Bateson. Ensemble, ils ont fait émerger une nouvelle science appelée cybernétique « Science du contrôle et de la communication chez l’animal et la machine. » (Wiener, 1948). La première cybernétique dont Norbert Wiener est le fondateur représente l’étude des systèmes complexes ou « l’art de rendre l’action efficace » (Encyclopédie de l'Agora, 2012). Une seconde cybernétique s’est développée à la fin des conférences Macy en 1952 grâce aux travaux du physicien et philosophe Heinz Von Foerster, où cette fois-ci l’observateur des systèmes complexes est intégré dans le système ; ce qui a fait de lui un des contributeurs majeurs du constructivisme.
Bateson a révélé dans un de ses articles scientifiques que la théorie de la double contrainte lui était venue à partir d’une réflexion de Norbert Wiener qui disait que « l’on pourrait qualifier un central téléphonique de « schizophrène » s’il se mettait à confondre les numéros des abonnés avec les chiffres que ceux-ci mentionnaient dans leurs conversations. » (Marc, et al., 2015). Autrement dit, cette théorie de « double bind » démontre comment une situation paradoxale avec deux types d’informations à deux niveaux logiques différents peut rendre à long terme, une personne schizophrène. Cette théorie a été reprise et utilisé par un groupe de chercheurs du MRI (Mental Research Institute) dans des cas de psychiatrie clinique et a même bouleversé la psychiatrie analytique des États-Unis en construisant cette nouvelle réalité : « La psychose n’est plus considérée comme une pathologie individuelle mais comme la résultante d’un pattern de communication perturbé au sein de la cellule familiale. » (Wittezaele, 2006). Cette théorie ouvrira la voie à de nouvelles pratiques thérapeutiques systémiques, appelées thérapies familiales et thérapies brèves.
Les travaux de Gregory Bateson ont profondément fait avancer les domaines tels que l’anthropologie, la linguistique, la psychologie et particulièrement, la communication. Observer, expérimenter, théoriser puis recommencer ; tel pourrait être le cercle d’apprentissage et de compréhension de Bateson. Les sciences de l’information et de la communication sont aujourd’hui imprégnées de ses découvertes, tout comme la portée de sa vision systémique qu’il a su faire apprécier du grand public ou, devrais-je dire, des curieux…”
Comment concevoir une action orientée vers un but qui soit respectueuse de la nature processive du monde ? Autrement dit : comment pouvons-nous concevoir une action qui soit respectueuse des régulations systémiques de notre environnement et des relations que nous entretenons avec lui ? (Gerbinet, 2017)
“Dany Gerbinet, psychothérapeute exerçant depuis plus d’une trentaine d’années, démontre dans un de ses livres, comment la théorie du but conscient de Bateson peut résoudre des problèmes ; directement en lien avec le concept du non-agir. Cette idée, il l’a puise dans l’antique philosophie chinoise et en particulier au taoïsme. Bateson s’est également intéressé à la pensée chinoise car pour lui, elle était fondée sur la seconde cybernétique de Heinz Von Foerster. L’information permet la néguentropie, et la complexification d’un système permet de l’enrichir.
Dans un de ses livres, il explique également que pour atteindre le but, il faut l’abandonner : « Lorsque la logique du but conscient ne débouche pas sur la réalisation du but en question, nous tentons à toute force d’imposer notre logique réflexive à l’expérience du processus. » (Gerbinet, 2017). Cela fait référence à la philosophie du non-agir développée par le taoïsme où leur notion de « Procès » qui renvoie à celle de système autorégulé comme indiqué dans son livre Le thérapeute et le philosophe où « le monde est vu comme un gigantesque réseau d’interactions unissant une infinité d’éléments. » (Gerbinet, 2017). Cette notion de réseau d’interactions, communément appelé système, rejoint les travaux de Bateson et renvoie à la seconde cybernétique où il y a autorégulation dans la relation.
Pour terminer, j’aimerais aborder la science cybernétique de Bateson avec les travaux de l’émérite Edgar Morin, sociologue et père de la complexité. Dans son ouvrage le plus célèbre, Morin intègre la première et la seconde cybernétique et fait passer cette cybernétique au stade d’organisation communicationnelle :
L’idée de cybernétique – art/science de la gouverne – peut s’intégrer et se transformer en cybernétique, art/science de piloter ensemble, où la communication n’est plus un outil de la commande, mais une forme symbolique complexe d’organisation. (Morin, 2008)
C’est là qu’intervient l’élégance de Bateson, ce concept qui revient de façon récurrente dans son Œuvre. Pour Bateson, l’élégance, c’est réunifier ce qu’on a illégitimement séparé, en percevant le monde à travers ses relations plutôt que dans les choses. La pensée complexe de Morin est très certainement née avec les travaux de Bateson. Et s’il y a une chose sur laquelle ils auraient sans doute été d’accord :
L’Âge d’Or se conquiert par la réconciliation de l’intelligence, de l’intuition et de l’amour. » (Blake, 1980)
Ça va ? Pas trop mal au crâne ? 💪 Bravo d’avoir tenu jusqu’ici, car c’est compliqué à la première lecture.
À cette époque, j’écrivais avec moins de vulgarisation. Il faut dire que c’était un travail à rendre, avec en plus une carte heuristique pour illustrer les concepts-clés (voir ci-dessous). À votre avis, quelle note ai-je reçue pour ce travail ? 13. Aïe, ne retenez peut-être pas tout alors ! En même temps, ça remonte à 2019…😉
Ce que je vous propose maintenant, avant de terminer cet article, c’est d’expliquer certains concepts-clés de cet article ! Voici qui devrait vous parler davantage :
Cybernétique
Exemple : le thermostat d'une maison qui régule la température en allumant ou en éteignant le chauffage en fonction de la température ambiante mesurée.
Image : le conducteur d'une voiture qui ajuste continuellement le volant pour maintenir la voiture sur la route, en réponse aux courbes et aux obstacles.
Théorie des types logiques
Exemple : dans un débat, si quelqu'un critique les règles du débat elles-mêmes plutôt que de débattre des sujets proposés, il se situe à un méta-niveau par rapport au débat.
Image : un cadre de tableau blanc : les dessins sur le tableau sont les objets de niveau inférieur, tandis que le cadre qui délimite le tableau appartient à un niveau supérieur, structurant l'ensemble.
Néguentropie
Exemple : un organisme vivant qui maintient son ordre interne et sa complexité en consommant de l'énergie et des ressources de son environnement.
Image : un jardin bien entretenu où le jardinier enlève les mauvaises herbes et arrose régulièrement pour maintenir l'ordre et la beauté, contrastant avec un jardin laissé à l'abandon qui tombe dans le désordre.
Constructivisme
Exemple : en éducation, un enseignant constructiviste encourage les élèves à construire leur propre compréhension des concepts en explorant, posant des questions et expérimentant, plutôt qu'en se contentant de mémoriser des informations fournies (telles que les cours magistraux, pour ne pas les citer).
Métaphore : construire un château de sable où chaque enfant ajoute ses propres idées et touches personnelles, créant ainsi une structure unique et collective plutôt que de suivre un plan préétabli.
Et on finira à nouveau par l’usage de l’intelligence artificielle, des prouesses de la machine, mais uniquement si l’interaction homme/machine se déroule bien. Car oui, une IA sans un homme réfléchi aux commandes risque de ne pas porter les fruits espérés ! Je vous laisse découvrir ce joli poème conçu par Chatgpt et chapoté par moi-même pour en donner la structure. À un niveau méta, donc…
“Dans le vaste jardin de l'existence, où le constructivisme est le jardinier, Chaque pensée est une fleur que nous plantons, cultivée avec soin et réflexion, Nous construisons nos réalités, comme des paysages intérieurs, Avec des mains patientes et des esprits créatifs.
Le soleil de la néguentropie brille, apportant lumière et ordre, Contre le chaos qui menace de dévorer nos rêves, Chaque rayon réchauffe, chaque ombre guide, Préservant l'harmonie dans l'entrelacs de nos vies.
Les chemins que nous traçons sont bordés de la sagesse de la cybernétique, Comme des rivières sinueuses, s'ajustant aux courants et aux vents, Avec des boucles de rétroaction, nous apprenons et nous corrigeons, Cherchant l'équilibre dans les tourbillons de nos émotions.
Au-delà des simples fleurs et des sentiers, la théorie des types logiques est le ciel, Un méta-niveau qui enveloppe et donne sens à notre jardin, C'est l'architecte invisible des règles que nous suivons, La structure immatérielle qui soutient notre monde en croissance.
Ainsi, dans ce jardin où le constructivisme, la néguentropie, la cybernétique, et la théorie des types logiques se rencontrent, Nous dansons avec les saisons, créant, ordonnant, ajustant et comprenant, Chaque métaphore une fleur, chaque idée une graine, Nous tissons le tissu délicat de notre réalité partagée.”
À très bientôt 🎭
Tristan
Aujourd'hui, notre tâche la plus urgente est peut-être d'apprendre à penser autrement.
- Gregory Bateson
Pour aller plus loin :
Livre : Le thérapeute et le philosophe - Dany Gerbinet
Article : L’écologie de l’esprit selon Bateson - J-J. Wittezaele
Article : Ma rencontre avec Dany Gerbinet en février 2024
Et si vous vouliez d’autres références, envoyez-moi directement un message 😊