Revenu depuis peu de mon aventure sur le Chemin de Stevenson, je vous partage dans cette première partie les étapes de mon propre itinéraire et mon journal de bord quotidien. Villages traversés, rencontres, anecdotes et apprentissages, découvrez cette expérience incroyable de 8 jours !
👉 Au programme de ce 12/06/2024 :
-Itinéraire personnel 🏞
-Journal de bord 🖌
-Apprentissages ✔️
Revenu depuis peu de mon aventure sur le Chemin de Stevenson avec des souvenirs tout frais de cette bulle magique, voici dans la première partie les étapes de mon propre itinéraire et mon journal de bord quotidien sur les traces de Stevenson. Villages traversés, rencontres, anecdotes et apprentissages, je vais tenter de vous raconter cette expérience incroyable vécue du jeudi 30 mai au vendredi 7 juin 2024… 🥾
En 1878, l’écrivain écossais Robert-Louis Stevenson traverse à pied les Cévennes, avec, pour seule compagne, une ânesse qu’il baptisa Modestine. De Monastier jusqu’à Saint-Jean-du-Gard où il arrivera 12 jours plus tard après avoir parcouru environ 220 km, les motivations de Stevenson (qui n’a pas encore 28 ans) à entreprendre ce périple seraient d’ordre sentimental… Pour 65 francs et un verre de liqueur, il acheta « une minuscule ânesse, pas plus grosse qu’un chien, couleur de souris, l’œil aimable et la mâchoire inférieure décidée. La coquine avait je ne sais quoi de simple et de racé, une élégance de quaker qui me plut sur-le-champ. »
Publié à Londres en juin 1879, Voyage avec un âne dans les Cévennes rencontra un certain succès. Son itinéraire est aujourd’hui devenu un chemin de Grande Randonnée appelé GR70, plus communément connu sous le nom - comme vous l’aurez compris - du Chemin de Stevenson…
Voici l’itinéraire du GR70 que j’ai choisi de faire sur la période prévue pour cette expérience. Villages traversés, distances parcourues, hébergements où j’ai pu dormir et même un état de ma fatigue à chaque fin de journée !
Jour 0 : départ en covoiturage à 18h30 de Montélimar pour une arrivée au Puy-en-Velay à 21h.
Dodo → Gîte Relais du Pèlerin Saint-Jacques
Jour 1 : début de mon itinéraire du Puy-en-Velay à 9h > Coubon > Holme > Mont > Monastier-sur-Gazeille à 15h30.
Distance → 21 kilomètres
Dodo → Chambres d'hôtes les piaules du dahu
Fatigue physique → 7/10
Jour 2 : départ de Monastier à 9h > St Martin de Fugères > Goudet > Montagnac > Ussel > Bargettes > Montmartrès > Landos à 18h.
Distance → 27 kilomètres
Dodo → La Rand’auberge chez FloB
Fatigue physique → 8/10
Jour 3 : départ de Landos à 9h30 > Arquejol > Pradelles > Langogne à 16h30
Distance → 22 kilomètres
Dodo → Gîte d’étape le Mas de l’Oncle Joseph
Fatigue physique → 8,5/10
Jour 4 : départ de Langogne à 9h > Brugeyrolles > L’Herm > Luc > Laveyrune à 16h
Distance → 21 kilomètres
Dodo → Colonie de vacances l’Espoir
Fatigue physique → 7,5/10
Jour 5 : départ de Laveyrune à 9h > La Bastide-Puylaurent > Chabalier > Chasseradès à 15h30
Distance → 20 kilomètres
Dodo → Camping le sous bois de Jade
Fatigue physique → 6/10
Jour 6 : départ de Chasseradès à 8h > halte SNCF de Chasseradès > Mirandol > L’Estampe > la Draille des Mulets > Alpiers > Bleymard > Mont-Lozère à 17h
Distance → 28 kilomètres
Dodo → Le Montlo 48 Relais des Cerfs
Fatigue physique → 7,5/10
Jour 7 : départ du Mont-Lozère à 8h30 > sommet de Finiels > Finiels > Pont-de-Montvert à 14h fin de mon itinéraire
Distance → 16 kilomètres
Dodo → Gite d'étape municipal
Fatigue physique → 5/10
Jour 8 : départ du Pont-de-Montvert à 7h30 > en stop jusqu’à Florac > bus jusqu’à Alès > covoiturage jusqu’à Allan pour une arrivé à… 14h30 ! ✅
Jour 1 : je crois que pour cette première journée, j’étais plus en rodage qu’autre chose. Mal de pied, petites douleurs liés au sac à dos, pas mal de boue et pluie en fin de journée à mon arrive au Monastier, c’était un peu la journée test. Le chemin met à l’épreuve ma résistance et ma motivation pour être sûr que j’ai vraiment envie de le braver ! Mi-nature, mi-village, cette première journée fût un avant-goût de ce qui m’attendrait durant les prochains jours…
Me voilà donc à 9h sur le chemin au départ du Puy-en-Velay. Après avoir assisté à la messe des pèlerins (venus par exemple d’Australie, Québec, Suisse ou Nouvelle-Zélande) dans la cathédrale Notre-Dame-Du-Puy en direction de Compostelle - même si ce n’était pas ma destination c’était l’occasion d’y assister - je prends la route avec mon TopoGuide, indispensable repère pour les randonneurs en herbe comme moi. Tout de suite, grosse montée bien difficile pour rejoindre le tronçon dans la forêt. Palpitant à 180 bpm, ça passe !
Huit kilomètres plus loin après une (première) erreur de parcours, me voilà dans un petit village de la Haute-Loire nommé Coubon. Des maisons secondaires avec jardin et piscine et une vue sur le château de Bouzols du XIème siècle, je continue direction Holme (mais pas Sherlock) avec un gros dénivelé positif qui me flingue et arrive à Monastier-sur-Gazeille. Le 22 septembre 1878, Robert-Louis Stevenson démarra son périple avec Modestine, l’ânesse qu’il acheta la veille pour 65 francs et un verre d’alcool fort, après y avoir séjourné un mois…
Entre midi et deux, je rencontre trois randonneuses avec qui je sympathise et partage le casse-croûte. Comme j’avais (déjà) plus de batterie, Paula m’a prêté son téléphone pour que j’assure une place en gîte. Après deux gîtes complets, c’est le troisième - également complet pour ce soir-là - qui me recommande les Piaules du dahu à Monastier. Patrick m’accueillera et on passera une chouette soirée à parler de nos vies respectives. Grand habitué des voyages et des randonnées, je crois que cette première soirée à discuter ensemble au coin du poêle m’aura mise dans de bonnes conditions pour profiter à fond de cette expérience. Première belle journée, maintenant repos pour être en forme demain.
Mon but ce n’est pas d’être le plus riche du village mais le plus heureux. - Patrick
Jour 2 : après un bon petit déjeuner et les derniers échanges avec Patrick, me voilà reparti direction Saint-Martin-de-Fugères à 8 km d’ici. Montée, descente rude, averses mais tranquillité, je croise une randonneuse qui après quelques minutes de discussion me dit que peut-être, le tracé d’hier serait d’un peu plus de 23 km. Je me demandais pourquoi mes jambes tiraient… Une fois arrivée aux 8 km plus loin, j’aperçois ma Sauveuse : une boulangerie. Qui je revois ? Mes trois randonneuses avec qui j’avais mangé hier midi ! Photo-souvenir car pas sûr de se recroiser. Paula (au-dessus de moi) tient des gîtes en Martinique et m’y convie… Quelle aubaine !
C’est reparti pour une petite dizaine de kilomètres jusqu’à Montagnac ou une exposition de photographies sur Polaroïd attire mon attention. Le voisin est dans son jardin en train de tondre et comme l’expo’ commence apparemment à 14h, je lui demande confirmation vu qu’il est que 13h30. Campagne, exposition, Polaroïd… C’est improbable et pourtant, après une petite pause repas à base de tome/saucisson, je découvre dans un hangard les premières photos prises en 30×60cm en… 1988.
14h30, c’est le moment de terminer l’étape jusqu’à Bouchet-Saint-Nicolas. Arrivé à un croisement avec à droite le Bouchet, j’hésite, car à gauche je peux aller directement - moyennant 1h supplémentaire - jusqu’à Landos et on m’avait recommandé d’y dormir. Réflexion faite, je pars à droite sur le plan de base. Puis, 500 m plus loin je fais demi-tour et décide finalement de tirer jusqu’à Landos ! J’avais croisé dans la matinée le “Corse” au Goudet qui m’avait conseillé un gîte tenu par un couple. Ça me faisait plus loin, j’étais déjà fatigué mais, pourquoi ne pas laisser place à davantage d'’imprévu ? J’avais envie de tenter cette adresse recommandée par le Corse…
Quelques kilomètres avant d’atteindre le cœur de Landos, une randonneuse au pas ferme s’approche de ma position. Veste et sac de marque Forclaz, équipements pour braver le vent et optimiser sa vitesse, elle semble inarrêtable. Arrivée à ma hauteur je lui dis : “Vous faites Stevenson ?”. Et nous voilà parti en discussion pendant une vingtaine de minutes. Passionnée de randonnée, elle m’explique comment elle tâche d’optimiser le poid de son sac avec par exemple, des pilules pour le dentifrice, peu de rechange, un sac à dos à 1,6kg, un duvet à 600gr ou encore quelques oléagineux pour les protéines. Elle a tout ce qu’il faut pour être complètement autonome, c’est pas la même que moi en dortoir + demi-pension… Grâce a une technique qu’elle avait découvert lors d’un stage pour identifier les plantes comestibles, elle m’a appris comment ramasser des orties sans se piquer et… les manger ! Riche en fer et composé de 18 acides aminés, pour avoir goûté, c’est pas pire. Et apparemment, en soupe, c’est très bon.
Mais si aujourd’hui aujourd’hui Valérie arrive à enchaîner plusieurs journées à 60km, elle a aussi commencé avec 20km il y a de cela quelques années. Puis, chacun repris sa route, elle dans le sens (inverse) sur le chemin de Regordane - sur lequel j’étais pour rejoindre Landos - et moi l’étape pour rejoindre celui de Stevenson.
Jour 3 : départ vers 9h45 (oui je pars pas tôt) je dis au revoir à Florence et Bruno puis je disparais. C’était encore une chouette soirée, alors que quelques heures auparavant on ne se connaissait pas du tout… Accueil convivial suivi d’une douche qui fait du bien et d’une proposition d’apéro vers 19h30 avec un verre de rosé pour ma Flo, une bière pour Mon Bru et un verre rouge pour moi… Elle est pas belle la vie ? Et je vous explique pas la tranche de thon snacké avec les linguines et salade préparée par le B. Incroyable ! En même temps Bruno avait plusieurs restaurants à Lyon donc la cuisine, ça le connaît. À sa retraite, et pour faire un projet à deux avec sa femme Florence, il rachète une partie de ce bâtiment pour y construire 14 couchages et un espace restauration-bar pour les randonneurs de passage à Landos. Un lieu chaleureux après une belle journée !
Bon, et ce jour troisième jour alors, j’en étais où ? Ah oui. Départ de Landos direction Arquejoles puis Pradelles. Rien à déclarer, si ce n’est l’énorme menu que je me suis offert dans un petit café du village qui m’a fait redécoller à 15h plein à craquer… Je me suis donc bien traîné sur les 6km suivants jusqu’à Langogne mais j’y suis arrivé. Bon par contre, il est 16h30 et j’ai aucune idée d’où je pioncera ce soir. En plus j’ai mal aux pieds. Je me serais bien fait masser chacun de mes 10 orteils, surtout les tout petits, les pauvres.
Après être passé devant les joueurs de boules du village, j’aperçois un foyer nommé Saint-Nicolas. je me dis qu’avec le prénom de mon oncle, ça peut que me porter chance. J’entre à l’intérieur, c’est vide. Personne à l’accueil mais je vois un numéro de téléphone sur le règlement intérieur. J’appelle, mais c’est les bureaux. On me transfère à l’éducatrice présente qui fait la permanence et elle me dit “non Monsieur désolé, on a pas de chambre pour les marcheurs et on peut pas héberger des gens car on a pas cette activité.” 17h, je commence à me cailler et il pleut. Je repense à ce que m’a dit Bruno à propos d’un gîte à Langogne, Le Mas de l’Oncle Joseph. Je le mets sur mon tel pour pas galérer et c’est là qu’avoir de la batterie prend tout son sens. J’arrive devant le gîte et j’aperçois une dame à travers la vitre. Je rentre, encore habillé de ma grande cape bleue tel Supertiti et je lui demande : “Vous êtes la gérante ?” “Ah non pas du tout, faut ressortir et aller toquer là-bas”.
Chose faite, et ça tombe parfaitement bien parce que l’oncle Joseph a de la place. Pour 22 € la nuit, sans le repas, mais comme j’ai encore du pain et du fromage, ça fera parfaitement l’affaire. Le dortoir est plutôt pas mal, je dors dans la mezzanine. Soirée tranquille : Kir pour eux, préparation curcuma/gingembre avec eau chaude pour moi. Fin de journée en détente, baume du tigre et 21h, dodo…
La suite dans le prochain article ! Et pour découvrir en vidéos mes aventures sur le Chemin de Stevenson, abonnez-vous sur Youtube 🎬
En vérité, je ne voyage pas, moi, pour atteindre un endroit précis, mais pour marcher : simple plaisir de voyager.
- Robert Louis Stevenson
Rendez-vous mercredi 26 juin pour la suite 🎭
Tristan
France Culture - Voyage avec un âne dans les Cevennes
Vidéo Youtube - Le Chemin de Stevenson - Rando GR70
Lire l’article où j’explique la genèse de cette aventure
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