La découverte scientifique majeure du 21ème siècle qui vient balayer les cartes du "tout-génétique", le livre Marcher la vie, un art tranquille du bonheur du professeur de sociologie David Le Breton (partie 1) et la vision que je porte depuis 2017. Quels liens peut-il bien y avoir entre ces trois sujets ? Je vous laisse le découvrir...
-Découverte scientifique majeure 🧬
-Marcher, l’art tranquille du bonheur 🥾
-La vision que je porte depuis 2017 🌀
Le terme épigénétique désigne les processus moléculaires permettant de moduler l'expression des gènes sans apporter de changements dans la séquence de l'ADN. Cette découverte scientifique peut être considérée comme l’une des plus importantes découvertes de ces 15 dernières années dans le domaine des sciences du vivant.
Un grand nombre de maladies et de comportements sont reliés à des changements épigénétiques. Si l’on comparait la génétique à des notes de musiques sur une portée, l’épigénétique serait la symphonie que l’on va pouvoir jouer avec ces notes.
Aujourd'hui, même avec cette découverte scientifique, peu de personne le savent mais cinq piliers peuvent venir influencer notre propre développement. Et ces cinq piliers jouent un rôle fondamental dans notre quotidien : l’alimentation, l’exercice physique, le gestion du stress, le plaisir dans l’action, et la qualité de nos relations sociales.
Ils sont en synergie tous les jours et conduisent à secréter dans notre corps un certain nombre de substances venant ainsi moduler l’expression de nos gènes. Voici comment ces cinq piliers peuvent au quotidien, influencer notre développement :
👟 L'exercice physique : crucial pour la santé physique et mentale, il stimule la circulation sanguine, renforce le système immunitaire, favorise la libération d'endorphines et aide à maintenir notre poids de forme. L'exercice physique peut influencer l'expression de nos gènes liés à la santé cardiovasculaire, à la régulation du métabolisme et à d'autres processus biologiques.
🧘♂️ La gestion du stress : le stress chronique peut avoir des effets néfastes sur la santé mentale et physique. La pratique de techniques de relaxation peut y contribuer. Méditation, respiration profonde, yoga et marche dans la nature peuvent aider à réduire les niveaux de stress et à favoriser un état de bien-être.
💯 Le plaisir dans l'action : l'engagement dans des activités qui procurent du plaisir et du sens favorisent une attitude positive et une meilleure qualité de vie.
Prendre du plaisir et de la satisfaction dans des loisirs, des projets personnels ou des interactions sociales enrichissantes peuvent favoriser un état de bien-être.
👥 La qualité de nos relations sociales : les relations sociales jouent également un rôle dans notre bien-être émotionnel et mental. Avoir des relations positives et enrichissantes avec les autres aide à réduire le stress et renforce notre sentiment d'appartenance. Cultiver des relations saines et de qualité avec la famille et les amis peut contribuer à une vie plus harmonieuse.
🍲 L'alimentation équilibrée : une alimentation saine riche en fruits, légumes, protéines maigres et graisses saines peut améliorer le fonctionnement de notre corps et de notre cerveau. Par exemple, les abeilles ouvrières sont petites et stériles et la reine elle, dodue, très féconde et vit plus longtemps. Tout vient de l’alimentation : gelée royale pour la future reine, miel et pollen pour les autres. La longévité est directement liée à ce cinquième pilier.
Nous sommes comme le chef d’orchestre d’une symphonie, co-auteur de notre vie, de notre santé et de notre équilibre. - Joël de Rosnay
Dans cette vidéo, Joël de Rosnay scientifique, conférencier et auteur français spécialisé dans les domaines de la biologie, de l'écologie et de la technologie explique ce qu’est l’épigénétique. Il s'est fait le promoteur d'une approche holistique (globale) pour comprendre les systèmes complexes, en mettant l'accent sur l'interconnectivité et l'interdépendance entre les êtres vivants et leur environnement.
Considéré comme un nouveau domaine d’études scientifiques, cette découverte confirme que les facteurs environnementaux - c’est à dire toutes les expériences vécues, ont un réel effet sur l’expression génétique. La théorie du tout-génétique devenant obsolète, l’innée et l’acquis coopèrent donc au quotidien formant ainsi une interdépendance dans notre construction.
Durant le développement, l’ADN contenu dans les gènes accumule des marqueurs chimiques qui déterminent l’intensité de l’expression des gènes. Ces marqueurs forment un ensemble appelé épigénome. Leur disposition dépend des expériences vécues par l’enfant, ce qui explique d’ailleurs pourquoi des jumeaux identiques n’ont pas les mêmes comportements ni les mêmes habiletés et donc, des trajectoires de vie différentes.
Les 5 piliers qui permettraient d'améliorer notre quotidien sont donc l’exercice physique, le gestion du stress, le plaisir dans l’action, la qualité de nos relations sociales et l'alimentation. Pour ce chercheur, nous sommes comme le chef d’orchestre d’une symphonie, co-auteur de notre vie, de notre santé et de notre équilibre…
La vie ordinaire nous dit David Le Breton est souvent faite d’une accumulation d’urgences qui ne laissent plus de temps à soi. Les agendas sont souvent saturés. Dans mon précédent article traitant entre autres de la Civilisation du poisson rouge en référence au livre de Bruno Patino, l’auteur nous dit “nous sommes devenus des poissons rouges, enfermés dans le bocal de nos écrans, soumis au manège de nos alertes et de nos messages instantanés.” Comment réussir à (re)trouver du temps pour soi si nos agendas sont autant saturés que nos cerveaux ?
Dans la première partie de son livre Marcher la vie, un art tranquille du bonheur, David Le Breton explore la marche comme une expérience fondamentale, ancrée dans la nature humaine, qui offre à la fois une échappatoire à la monotonie quotidienne et un chemin vers une forme de bonheur simple et authentique. Il s'intéresse à la manière dont la marche, acte à la fois banal et profondément significatif, permet de se reconnecter avec soi-même et le monde environnant.
L’engouement pour la marche prend le contrepied de cette tendance à l’immobilité et à la subordination aux techniques. Célébration du corps, des sens, de l’affectivité, mise en branle de toute la personne, présence active au monde, elle remet en contact avec soi et avec la sensation d’exister. - page 16.
L'auteur décrit la marche comme un moyen de réappropriation de son corps et de son esprit, une pratique méditative en mouvement qui invite à la réflexion et à l'éveil des sens. La marche devient ainsi une quête personnelle, un espace de liberté où le marcheur peut s'abstraire des contraintes sociales et matérielles pour se retrouver dans un état de bien-être et de contemplation.
Comme le désir de se rendre à Compostelle naît du récit de quelqu’un et en évoque des moments d’éblouissements que l’on souhaite connaître à son tour. Souvent les longues marches sont précédées par le récit de passeurs dont les histoires pénètrent en profondeur en soi en créant un appel d’air, un désir de liberté, de découverte. - page 25.
Le Breton aborde également la dimension spirituelle et philosophique de la marche, considérée comme un voyage intérieur, une exploration de soi qui favorise l'épanouissement personnel, l'harmonie avec l'univers comme lorsqu’il fait référence au Tao, qui signifie la Voie, le chemin, et s’écrit en chinois avec deux caractères, l’un figurant deux pieds et l’autre tête.
Mais marcher peut parfois ne pas s’avérer être une marche tranquille, tant certains désagréments peuvent venir parsemer un chemin d’embûches. En 1977 écrit Le Breton, Jacques Lacarrière vient de parcourir trente-cinq kilomètres depuis Luxeuil, il suit une route qui traverse une série d’enclos où sont réunis de jeunes taureaux aux allures fougueuses. À peine a-t-il le temps de se demander si les barrières sot bien fermées qu’un nuage de poussière se dirige vers lui. Une troupe de taureaux a forcé un enclos :
“Le chemin est étroit et mon sac m’interdit toute fuite précipitée. Par chance, quelques mètres plus loin, j’avise un sentier sur la droite avec un orme. Je m’y engouffre, ôte mon sac et me cache derrière l’arbre. La meute passe à quelques pas, sans le savoir, hormis un taureau qui s’arrête et me regarde comme se demandant quoi faire, mais poussé en avant par les autres, il disparaît à son tour.”
En 1912, les écrits de l’espagnol Antonio Machado avec son poème “Voyageur, il n’y a pas de chemin” portait déjà un autre regard sur ce voyage qu’est le chemin :
Caminante, son tus huellas
el camino, y nada más;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace camino,
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante, no hay camino,
sino estelas en la mar.
Traduction française :
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